8 septembre 2020

[Interview] de Laure Clément-Wilz, auteure de l’ouvrage « La Cour de justice de l’Union européenne »

1/ La Cour de justice de l’Union européenne, un acteur central de la construction européenne ?

En effet, la Cour de justice a joué un rôle moteur concernant l’élaboration de principes et concepts juridiques, comme la primauté, l’effet direct ou la citoyenneté européenne, lesquels se sont avérés décisifs pour la construction européenne dans son ensemble.

L’Europe ne serait pas unique en son genre, un territoire régional intégré, sans ces principes et concepts et donc sans la Cour.

 

2/ Dans votre ouvrage vous appréhendez la CJUE sous un angle novateur, l’approche institutionnelle, pourquoi ?

Pour combler en partie un certain vide dans les études doctrinales. L’organisation, le fonctionnement et la composition de la CJUE, lorsqu’ils sont abordés, le sont soit par les acteurs de la Cour (juges, avocats généraux, référendaires, greffiers, personnel de la Cour, etc.), soit par des spécialistes de sociologie et de sciences politiques. Un regard de juriste, extérieur à la Cour, était, me semble-t-il, nécessaire.

De plus, les juristes, eux-mêmes acteurs du droit, étudient les règles du procès, les règles du contradictoire, les règles de délais, etc. C’est bien naturel et indispensable, raison pour laquelle cet aspect se retrouve aussi dans mon livre. Néanmoins, cela ne permet pas de comprendre pleinement une juridiction, qui se trouve être aussi une institution. Au niveau suprême, une juridiction participe aussi à l’équilibre institutionnel. Elle agit sur les autres institutions et subit leur influence à différents niveaux. Là encore, une étude approfondie sur cet aspect manquait concernant la CJUE.

 

3/ A qui se destine votre ouvrage ?

Principalement aux étudiants et chercheurs en droit européen, mais également aux étudiants qui veulent se spécialiser en droit du procès, qu’il soit civil, pénal, constitutionnel, ou administratif. Mon ouvrage aborde en effet les grandes règles du procès européen, en se concentrant sur les grandes figures du procès, les espaces d’échanges, la langue de procédure, notamment. Il traite également de questions que l’on peut poser pour toute juridiction suprême : l’autonomie institutionnelle, la transparence, la représentativité des juges (avec la question de la place accordée aux femmes par exemple), la légitimité du juge.

Également, l’ouvrage se destine aux étudiants et chercheurs qui abordent le droit comme un phénomène sociologique et qui s’intéressent à la CJUE. Cet ouvrage se veut ouvert aux autres disciplines.